" Far for the ground Below the sky No way around... " (Bliss - Vanessa Paradis)

" Far for the ground Below the sky No way around... " (Bliss - Vanessa Paradis)




" J'ai fini d'me chercher
Falling into your nest
Depuis qu'j't'ai trouvé
I call it bliss
La meilleure personne en moi
For the best and less and the rest
Au fond c'est toujours toi
Nothing is quite like it use to be
Mon âme, mon amour, ma foi
Deep down inside of me
Les anges se passeront de toi
I'm done searching for myself
Reste encore au creux de moi
Since you're flowing in my rains
Cinq minutes jusqu'à l'infini "



Bliss






Envolée.



Cette envie venue de nulle part je la ressens encore. Elle vient se frotter à moi, m'excite et m'enivre. Puis s'éclipse. Moi, si frêle, je demeure. Ce trouble m'envahit et m'habite depuis des mois. Je suis prisonnière de mon désir. Je tente de m'y soumettre, mais en vain. Tout cela m'échappe. J'appréhende l'impalpable. La réalité pesante de ce néant se propage. Je suis dépossédée et je vois s'attarder en moi un vide inexorable laissé par mes mots qui se prélassent.
Hantée par mes doutes, je me retrouve tel un oisillon à l'aube de son premier envol, chancelante et maladroite. Attendre et espérer l'enchantement de la création. L'oiseau tremble et reste paralysé tandis que j'implore un soupçon d'essence magique pour, à partir du rien, construire un tout. Me libérer par ma plume. Je trouverais le mouvement et flotterais au-dessus de ce cruel désordre. Cet envol marquerait l'avènement d'un équilibre parfait.

Mais je suis encore là. Bloquée au milieu de nulle part, j'ère dans ce no man's land au paysage insipide. Je tente d'y déposer des couleurs mais l'obscurité me rattrape. Ma raison me domine toute entière tandis que le temps s'écoule. Le temps, lui, rien ne l'arrête. Mes doigts sont glacés et je me sens comme retranchée. Oui, enfouie sous un amas de poussière, recouverte par la lourdeur de mes phrases. Moi qui voudrais simplement me sentir vivre, je ne m'entends plus respirer. J'ai perdu tout contrôle, toute harmonie et, guidée par mes sens, je recherche la raison de nos existences. Seuls face à nous-mêmes, nous posons-nous tous les mêmes questions ?
Je me suis égarée dans le fouillis de mes pensées. Plus rien n'a de sens. Mon esprit a subi le chaos perpétré par une lutte acharnée. Le combat de la raison contre celui du rêve se fond, l'air de rien, en une cohabitation indomptable.
Envers et contre tout, je tente de revenir à ce que je suis, ce que j'ai perdu. Ce qui m'échappe peu à peu. Je nage à contre courant et, si je vole, c'est contre le vent. Chaque jour un peu plus loin. M'éloignant finalement de moi sans que je n'y puisse rien.

Et toi, t'en penses quoi, hein ?! Pourquoi tu dis rien ? Pourquoi ce silence ? Insoutenable silence... C'est ta faute après tout !
Il ne comprend pas... Il a éclairé ma vie mais vidé mes papiers. Et comment pourrais-je lui en vouloir quand il me regarde si tendrement ? Je retrouve en lui mon équilibre.
Ses yeux brillent quand, maladroitement, il me parle d'amour. Et moi, moi je suis au paradis. Je nous devine, et je vois les frontières de mon bonheur s'élargir. Il m'offre de nouveaux horizons et je n'ai pas peur de m'y aventurer. Je suis si sereine quand il me prend par la main... Mes mots sont vides mais de là-haut je contemple ce joyeux festival insipide. Je me moque bien que ce ballet verbal soit indécemment monstrueux. Je m'en amuse même parce que j'ai enfin compris. Ce sont ses paroles qui me font voler. Et, croyez-le, je n'ai jamais eu de plus jolies ailes.


June.
# Posté le dimanche 15 mars 2009 10:28
Modifié le jeudi 21 mai 2009 18:31

« Je ne te parle pas d'inspiration, mais d'un souffle plus profond comme une seconde respiration, on voit et on entend l'encre devenir vivante »Toucher l'instant - Grand Corps Malade



« On a trempé notre plume dans notre envie d'changer d'vision, Prendre une route parallèle comme une furtive évasion... »





Il l'a retrouva allongée sur le parquet vieilli du salon. Face au plafond, à moitié nue. La lueur rouge d'une bougie dévoilait son corps dans l'obscurité. Il devinait ses courbes majestueuses. Son jean déboutonné offrait libre cours aux fantasmes les plus enivrants. Elle voulait laisser les mots la pénétrer. S'extirper de toutes les forces obscures qui l'habitaient. Retrouver l'équilibre de sa pensée. Capturer l'évanescence. Réorchestrer la langue de son âme. Des cris orgasmiques jaillissaient des enceintes de la pièce. Elle aurait voulu les accompagner. Sa main glissa entre ses cuisses, espérant une autre façon d'être libre. Sa plume était demeurée silencieuse, mais le chaos résonnait. Transe extatique. Tentative vaine. Troublé par ce spectacle, le jeune homme se dirigea vers la bougie, et souffla. Les ombres rouges du photophore s'envolèrent. L'ambiance s'alourdit. Dans le noir il n'avait pas compris.
Elle fixait maintenant les vestiges de la flamme qui l'animait, son inspiration partait en fumée.

June.
# Posté le lundi 03 novembre 2008 18:56

« Voilà combien de jours, voilà combien de nuits, Voilà combien de temps que tu es reparti, Tu m'as dit cette fois, c'est le dernier voyage, Pour nos c½urs déchirés, c'est le dernier naufrage, Au printemps, tu verras, je serai de retour, Le printemps, c'est joli pour se parler d'amour, Nous irons voir ensemble les jardins refleuris, Et déambulerons dans les rues de Paris ... » (Dis, quand reviendras-tu ? – Barbara)

« Voilà combien de jours, voilà combien de nuits, Voilà combien de temps que tu es reparti, Tu m'as dit cette fois, c'est le dernier voyage, Pour nos c½urs déchirés, c'est le dernier naufrage, Au printemps, tu verras, je serai de retour, Le printemps, c'est joli pour se parler d'amour, Nous irons voir ensemble les jardins refleuris, Et déambulerons dans les rues de Paris … » (Dis, quand reviendras-tu ? – Barbara)



« Te violer par terre et puis recommencer

Une goutte d'éther, on se laisserait tenter (...)

Je ne suis point Lucifer, oui mais bien pire voyez-vous »



(BB Brunes - Mr Hyde)



L'habitude. Depuis quelques semaines je vivais une succession de jours tous parfaitement identiques. Il n'y a rien de plus angoissant que le temps qui passe nonchalamment, paramétré, les heures découpées en minutes, les minutes en secondes, nous laissant le fantasme impénétrable que nous sommes les acteurs de nos vies ; et pourtant... Comment peut-on vaincre cette réalité ? Quoi que nous fassions les jours se succèdent, tous ordinaires, et le syllogisme de la mort nous confronte irrémédiablement à la fatalité de nos existences. Emportée par cette transe allégrement nourrie par mon pessimisme inébranlable, je n'avais plus goût à rien. Je n'espérais plus aucune once de bonheur et j'avais perdu tout espoir de sourire. J'errais à travers la ville, arpentais les rues accompagnée de mes illusions assassines, ne me laissant guider, tel un papillon égaré, par aucune autre volonté que celle du vent.
Et puis j'ai croisé son regard.
A ce moment là tout changea. Le passé vint se greffer à moi. Mon c½ur se mit à battre chamboulant le cours de ma tragique destinée. Elle n'était pas vraiment belle, mais dégageait cette force qui m'attirait vers elle sans que je puisse l'expliquer. J'avais déjà vu cette fille, j'en étais quasiment sûre mais tout à coup mes souvenirs semblaient vagues. Pourtant j'aurais pu reconnaître sa bouche, ses lèvres, entre cent. Il n'y avait rien d'innocent dans son sourire. Légèrement fruité, il était nappé de malice. Sa bouche devait avoir un goût de poison, mais qu'importe l'amertume du fruit quand sa pulpe est désirable. La linéarité vers les portes du Paradis était rompue. Je me donnerai corps et âme, je voulais lui appartenir. J'allais faire un détour par le gouffre de l'Enfer, vivre cette idylle clandestine, entourée par la douceur des flammes, et, dans l'euphorie, me laisser emporter par le frisson extatique de ses mains sur ma peau. J'imaginais l'intensité de ce corps à corps, la volupté avec laquelle elle éveillerait mes sens, ses caresses et l'attente trop longue avant de sentir tout son Etre me pénétrer, de ses doutes et de ses forces, au plein milieu du chaos, jusqu'au cri ultime d'une jouissance extrême et absolue porté en écho par nos démons. Tout mon corps palpitait à cette idée, mon c½ur battait à se rompre. De cette danse funèbre je ne sortirai pas indemne. Mais peu m'importait. Pour elle, j'avais brisé toutes les barrières d'une soit-disant morale dont le fondement reposait dans un ordre pathétiquement archaïque. Mon seul souci était que je ne la voyais plus. Elle avait disparu alors que mes pensées faisaient voler en éclat ma vertu.
Mes jambes se mirent à flageoler et mes émotions se dissipèrent peu à peu laissant les dernières gouttes de sueur se mêler à la pluie. Il faisait gris sur la ville. Seule, au milieu de cette ruelle glauque, l'embarras m'envahît. J'étais étendue sur les pavés, esclave de ce visage gravé en moi comme l'empreinte secrète d'un vif refus. Ce que j'avais pu être bête. Pourquoi avais-je tant de temps bâillonné la voix de mes émotions ? Il est insensé de se barricader. J'avais fini par me heurter de plein fouet à la raison de mon existence. Je devins aussi sombre que la rue, aussi larmoyante que le ciel. Je m'étais laissée emporter par l'inconnu de ce tourbillon tragique et, de cette furtive entrevue, avaient jailli plus de troubles que je n'en eus ressenti de toute ma vie. Percussion violente. Je venais de recevoir une grosse claque, de celles que l'on n'oublie pas. Mais j'étais heureuse. L'apparition allégorique de mes inhibitions m'avait finalement ouverte à la Vie. Sous la pluie, j'étais enfin libre.


SkiNny
# Posté le samedi 24 mai 2008 09:50
Modifié le lundi 27 octobre 2008 11:56

« With the lights out it's less dangerous, Here we are now, entertain us, I feel stupid and cantagious... » (Smells like teen spirit - Nirvana)

« With the lights out it's less dangerous, Here we are now, entertain us, I feel stupid and cantagious... » (Smells like teen spirit - Nirvana)

Malgré le brouillard lourd et épais, elle s'attabla, comme à son habitude, à la terrasse du café, « Le Méridional », ce petit endroit tranquille où se croisaient les marins de passage et dont l'enseigne représentait une boussole. Dominant la mer, son panorama sur un horizon sans limite donnait aux clients une sensation de liberté incroyable. Elle s'asseyait là, à la même place, tous les matins. Rêveuse, elle n'avait jamais réussi à apprivoiser le monde qui l'entourait et préférait contempler le remous des vagues, écouter le clapotis de l'eau porté pas le vent.
Mais aujourd'hui c'était différent. Elle n'irait pas travailler et n'aurait pas à supporter les palabres rythmant la vie en société. Alors qu'elle réfléchissait à ce qu'elle allait faire de sa journée, une ombre près du port attira son attention. Le contour flou d'un visage à l'expression quasi-jubilatoire ; un homme qui semblait heureux tout simplement. Emportée par sa curiosité elle se leva et se dirigea vers lui. Plus elle s'en approchait plus elle sentait la brume se dissiper. Il avait des boucles blondes, le teint frais, ses yeux rayonnaient d'innocence. Elle avait plus que tout envie de faire sa connaissance. Cet homme lui inspirait confiance. Sans bien comprendre ce qui lui arrivait, elle s'avança plus près de lui et murmura à son oreille : « Toi... Raconte-moi... ». Surpris, l'homme se retourna et, elle qui d'habitude ne manquait pas de tact, fut embarrassée de cette situation où ces mots étaient sortis de sa bouche sans qu'elle puisse les retenir. Il lui lança un de ses plus beaux sourires et elle y vit une passerelle entre un quotidien sans surprise et un goût de paradis, une promesse de moments magiques entre ciel et terre. Elle y croyait, avec lui elle ne s'enliserait pas tel un rhizome sous les vestiges d'une terre qui aurait été celle des premiers balbutiements de leur amour. Au travers du visage de cet homme elle devinait tout ce que son mari ne saurait jamais lui offrir...
Il était presque midi maintenant et le soleil brillait juste au-dessus de deux âmes clandestines au diapason.

SkiNny
# Posté le lundi 31 mars 2008 05:37
Modifié le lundi 31 mars 2008 06:48

« Together » (Chanson du sosie de James Blunt)



Maintenant


Tout est simple et différent

Maintenant

Je n'ai plus envie de jouer

Je veux juste dans ses bras être posée

Mon c½ur perd peu à peu son armure

Mais j'ai peur encore de tomber c'est sûr

Il le lirait dans mes pensées et

Lui seul pourrait me réconforter

En un regard il me rendrait espoir

Je n'aurais plus peur d'y croire

Puisque je vois dans ses yeux

Tout ce qu'il y a de plus merveilleux

En fait, je suis bien avec lui

Et c'est ce qui me terrifie


SkiNny
# Posté le dimanche 02 mars 2008 05:53
Modifié le dimanche 02 mars 2008 07:03